Alain Quême

Musicien: Alan Braxe aka Alain Quême
Nationalité: Français (Toulouse)
Style Musical: House Filtrée, House Music
Label: Vulture Music
Date: 15/01/2008
Interviewer: DaftSide aka Ludovic Carminati
Designer: Pixel Hunter

Biographie:

Alan Braxe, né Alain Quême, est un musicien français de musique électronique French touch. Il est le cousin de Stéphane Quême (DJ Falcon) et de Delphine Quême (Quartet), tous deux musiciens également. En 1996, lorsqu’Alan Braxe, inspiré par l’émergence de la house et de la techno qu’il avait découvertes en 1990, se met à composer ses propres morceaux, seul, à l’aide d’une poignée de machines. Au bout de quelques mois, son premier single, « Vertigo », sort sur le label Roulé (fin 1997). Dans la foulée (début 1998), à l’occasion d’un concert prévu au Rex Club, il demande à deux amis de l’aider à jouer sa musique en live : Benjamin Diamond au chant et Thomas Bangalter (fondateur du label Roulé, moitié de Daft Punk) au clavier. Durant leurs répétitions, ils tombent sur une boucle de Chaka Khan qui deviendra l’ossature de « Music Sounds Better With You », tube planétaire sous le nom de Stardust. Après cette expérience, Alan Braxe décide de se consacrer en parallèle à deux types d’activités : celle de remixeur et celle de producteur et de compositeur, travail de collaboration destiné à son label. Il crée ainsi Vulture, son propre label indépendant, pour sortir la musique qu’il produit en compagnie d’autres musiciens. En 2000, il sort « Intro » : cette première référence de son label est composée avec le bassiste Fred Falke, un ami de longue date … EN SAVOIR PLUS

Interview exclu French Touch Forum:

Alan Braxe

Interview French Touch Forum Alan Braxe

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Interview en Format TEXTE =>
[spoiler effect= »slide » show= »lire » hide= »remonter »]Déjà un grand bravo pour l’ensemble de ta magnifique œuvre, enthousiasmante et homogène… Nous y voilà.

DaftSide : Comment t’es venu l’idée du clip de Rubicon ? Vous avez voulu passer quoi comme message avec Fred ? Le maxi, avec les excellentes productions « Arena » et « Chrystal City », était vraiment splendide. Combien de temps avez-vous mis pour produire Rubicon, comment ça s’est passé ? Pourquoi ne pas avoir fait un clip de « Intro », LE morceau qui a vraiment fait connaître ?
Alan Braxe : L’idée de clip nous a été proposée par le réalisateur Mathiew K Frost. Cette idée nous a tout de suite séduite car il était amusant de mettre en scène cet acte symbolique pour un ado qu’est le passage du permis de conduire, avec comme bande son « Rubicon » et son côté épique. Concernant l’enregistrement de « Rubicon » tout s’est passé en une semaine, dans un processus très fluide chaque idée venant naturellement l’une après l’autre. J’en ai surtout le souvenir d’une bonne rigolade avec Fred parce qu’on était dans les clichés des années 80. En revanche techniquement, cela fût assez complexe car il n’y avait pas d’ordinateur pour gérer le studio. Toutes les séquences étaient lancées par des séquenceurs hardware et pour obtenir la prise Def cela n’a pas été très simple.

DS : Concernant l’artwork de l’album/compile « The Uppercuts », peux-tu nous dire qui est cette fameuse Nathalie ? Xavier de « Justice » qui avait participé à la création de la pochette, m’avait dit qu’il s’agissait d’un délire mais nous aimerions en savoir plus. L’idée de « The Uppercuts » vient-elle de toi ?
AB : Xavier a raison : il s’agissait d’accentuer le côté vieilli de la pochette en y rajoutant ce nom manuscrit qui rappelle l’adolescence, les maxis 45t et les boums des années 80. En fait, l’idée de la compilation m’a été suggérée par Delphine Quême qui travaillait en tant que label manager pour Vulture et qui, aujourd’hui, fait de la musique sous le nom de Quartet. Il s’agissait de compiler sur un même support des titres et remix dont la plupart étaient difficiles à trouver chez les disquaires.

DS : Nous étions nombreux à penser que ce projet allait nous amener à un album studio produit par Fred et toi. Hors nous n’avons toujours rien vu à ce jour. Vulture, il y a bien 2 ans, m’avais dit qu’un album était en cours, pour certain cela fait plus de 10 ans que nous l’attendons, peut-on garder espoir ? Aurais-tu plus d’informations à nous communiquer ? Des collaborations ?

AB : Même si notre travail avec Fred ne s’est pas soldé par un album ce m’attriste un peu, je suis content que ayons réalisé de nombreux remix et quelques bon singles ce qui est, à mon sens, déjà pas mal. En ce qui concerne le futur, je pense développer de nouvelles collaborations en 2008 mais il est encore trop tôt pour te donner des informations précises.

DS : Thomas Bangalter nous a dit que le label « Roulé » n’est pas définitivement fermé, si l’occasion se présente, aimerais-tu retravailler avec lui ou as-tu définitivement tourné la page depuis Vertigo, Stardust ?

AB : Je suis très fier d’avoir participé à l’aventure Roulé avec Vertigo et Stardust. Bien entendu si l’occasion se présentait, je serais très heureux de sortir un morceau sur Roulé.

DS : Dans le livre « French Touch » de Stéphane Jourdain, nous avons pu lire qu’un album de « Stardust » était en préparation. Apparemment Thomas a décidé de tout arrêté car Benjamin voulait renégocier ses droits d’auteur.Peux-tu confirmer ? As-tu été déçu par cette décision ? Comment s’est passé cette collaboration entre Thomas, Benjamin et toi ?

AB : Effectivement, il a été question de faire un deuxième single et un album avec Stardust mais cela est resté au stade de projet. Au final, cette situation ne m’a pas posé de problème. Le fait que ce soit un one shot a donné encore plus d’impact et de poids à « Music sounds better with you ».

DS : J’ai toujours considéré l’artiste « Alavi » comme le Alan Braxe allemand.
Connais-tu cet artiste ? A-t’il tenté sa chance chez Vulture ?

AB : Malheureusement, je n’ai jamais rencontré Patrik Alavi mais j’aime beaucoup certains de ses titres.

DS : Comment s’est passée la rencontre avec Laurent « Lifelike » et Kris Menace ?« Lumberjack » était vraiment une magnifique production, as-tu d’autre projet avec Laurent ou Kris ? Tes tournées se passées généralement avec Kris, Fred était présent aussi ?

AB : Laurent et Kris m’ont fait parvenir « Discopolis ». Un soir après de multiples écoutes, je me suis dit que le morceau était vraiment cool, qu’il correspondait parfaitement à Vulture et qu’il fallait le sortir au plus vite.Ensuite le titre a connu un beau succès dans les clubs. Pour l’instant, je n’ai pas de projet immédiat avec Laurent et Kris. Cependant je continue à faire quelques dates de DJ avec Kris.

DS : Ta dernière production, « Addicted », est radicalement différente de tes anciens morceaux. As-tu abandonné le son « old school » très 80’s à la « Palladium » ou encore « Rubicon » pour un nouveau style de son ? Que penses-tu des gruopes comme « Justice », « Digitalism », « Boys Noize », « Sebastian » et les phénomènes Ed Banger/Kitsuné ?

AB : J’adore le son old school et y suis très attaché. Mais chercher de nouvelles pistes et combinaisons musicales m’intéresse aussi beaucoup et dans ce sens que j’ai réalisé « Addicted ». Concernant le nouvelle scène, je la trouve très dynamique et c’est enthousiasment de voir qu’elle suscite autant d’intérêt en France comme à l’étranger.

DS : Tes morceaux sont-ils créés avec une histoire, ou tout simplement par pur hasard ? As-tu quelques anecdotes à nous raconter ?

AB : Je pense que la part de hasard reste assez grande au départ du processus car il faut réussir à travailler sans à priori pour qu’une idée surgisse spontanément. Ensuite, l’autre part du travail est de réaliser et de produire le track sans dénaturer l’idée de départ par des considérations de mix par exemple ou d’autres encore qui au final ne sont pas si importantes.

DS : Pourquoi avoir remixé « Alright » de Jamiroquai, vieux de 10 ans ? Tu disais dans une interview il y a quelques années, que « selon toi » le meilleur souvenir de remix était celui de Britney, es-tu toujours du même avis ? As-tu de nouveaux remix de prévus avec Fred ou en solo ?

AB : En fait Fred a fait seul le remix de « Alright », il y a eu une erreur sur le crédit.
Le remix de Britney est un bon souvenir au même titre que celui de Kelis : J’ai passé beaucoup de temps à mixer le « main mix » avant d’obtenir le bon résultat, ça m’a rendu franchement nerveux. Mais ensuite le deuxième mix « Earth out mix » s’est fait en une soirée ce qui fût comme une sorte de délivrance.

DS : Question technique, est-ce que la basse de Palladium est un sample de « Clap Your Hands » de Chic ? Quel type de synthétiseur utilises-tu pour créer tes mappes ? Es-tu plutôt « matériel » ou bien « logiciel » quand tu produis, avec la grande mode de la MAO de nos jours ?

AB : Non, la basse de palladium n’est pas un sample, c’est Fred qui a joué la basse et pour être franc nous ne pensions vraiment pas à « clap your hands » lorsque nous avons fait le morceau. Concernant le matériel, je n’utilise l’ordinateur que depuis 2004 et m’en sers principalement pour enregistrer et éditer. Je reste très attaché au hardware : Mpc 60, Asr 10, Sp 1200 et principalement studio electronic pour les synthés. L’ordinateur me fait un peu peur car il offre tellement de possibilités que parfois j’ai l’impression de me perdre. Finalement, tu peux faire un morceau avec seulement une sp 1200 qui te propose 10 secondes de sample. C’est parfois très excitant de travailler en étant limité techniquement. Récemment, j’ai acheté une « machine drum » de Electron, un instrument qui est très marrant mais aussi assez limité qui offre cependant la possibilité de faire plein de beat super rapidement, c’est le genre de machine qui me plaît.

DS : Dans quelle direction vas-tu te diriger pour l’avenir, à savoir quel type de sons vas-tu faire ? Quelles sont tes plus grandes inspirations actuelles ? Vu que le Hip Hop, Rap US t’intéresse, compterais-tu produire une star américaine de la même façon que Lucont a produit Madonna et dernièrement Seal ?

AB : Le hip hop intègre de plus en plus d’éléments electro, et j’aimerais bien produire des instrus. Plus généralement, j’aimerais bien faire de la prod pour d’autres artistes. C’est un autre travail que le remix parce que tu es a la source du projet et pas forcément dans une optique purement club.

DS : Que fais-tu de ton temps entre 2 productions ? De quoi vis-tu ? As-tu une deuxième profession en dehors de la musique ? Peut-on vivre aisément de la musique de nos jours ? Dans quel état d’esprit es-tu lorsque tu produis ?

AB : Je n’ai pas d’autre activité que la musique. Aujourd’hui j’en vis cependant il n’existe aucune garantie sur le long terme ce qui est donc parfois assez stressant. Lorsque je produis, je suis assez speed… Totalement impatient de trouver une idée, le plus dure étant de ne pas retomber dans les automatismes et habitudes et de se laisser aller afin d’obtenir quelque chose d’original.

DS : Un message à passer pour les gens qui te considèrent comme un des meilleurs producteurs de musique électronique (comme moi) sur mon forum ?

AB : Et bien c’est très gentil et très motivant pour continuer.[/spoiler]

Un grand MERCI à Alain pour ses réponses constructives et à Rachel pour son Feedback. Et Bien sûr THX à MAUNO et tous les membres qui ont participé aux questions.

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