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L’album WOMAN étant sorti Vendredi matin, nous avons eu le temps de l’écouter en boucle, voici nos impressions :
Just in french for the moment….

[tab:Français]

justice

Cela faisait 5 longues années que Xavier de Rosnay et Gaspard Augé aka Jus†ice n’avaient pas émis un seul son, ni même un remix ou jingle lointain. Après un EP qui a fait vibrer la scène électro underground en 2005 « Water of Nazareth », deux ans après un premier album très remarqué « Cross » (interview dédié avec Xavier ici) avec des single de folie comme DANCE, DVNO, Phantom aux clips charismatiques, en 2011 un « Audio Video Disco » (notre interview dédiée ) beaucoup moins électronique mais plus instrumental, complètement lié à leurs racines de « Rocker after All » c’est au tour de « WOMAN », maintenant en fin 2016. Autant ne pas tourner autour du pot 15 000 ans, cet album est une pure merveille auditive mêlant avec brio sensualité, brutalité et maturité. C’est bien simple, on retrouve l’esprit Electro (sans la bassline rougeâtre) de « CROSS » et l’ambiance « Rock de stade » de « AUDIO VIDEO DISCO » mais dans un LP encore plus pointu et travaillé. Accompagné d’un orchestre les sons émis lui donnent une dimension de blockbuster musical. On regrettera juste qu’il n’y ait que 10 morceaux mais quelques chose nous dit que certains inédits apparaitront avec les futurs Maxis… Pour vous expliquer ce que nous avons ressenti, nous allons divulguer l’avis très sincère de deux bon connaisseurs de l’univers des deux Justiciers, à savoir DaftSide (moi) et le grand Mac Stanton (patron de So Frecnch Records). Aller, c’est parti!


justice woman

SAFE AND SOUND

Daftside : Première impression, on croirait se retrouver devant les enfants qui ont chanté sur « DANCE » mais avec quelques années de plus. Ambiance Disco à souhait, petits violons, riffs de guitare à la sauce Funky et même quelques timides distorsions électros bien sympathiques. Peut-être un peu trop Disco 70’s pour moi même si on retient beaucoup de travail dans l’ensemble du morceau.
Mac Stanton : Premier morceau sorti par les Justiciers annonçant un album funky et disco.Les chœurs des enfants rappelle effectivement le hit « Dance ». Une belle intro à partir de nappes analogiques, une slap bass solide qui donne le tempo avec des violons qui bercent le reste du morceau.Un titre efficace.

PLEASURE

DaftSide : Mélodie au Synthé emprunté aux « Supertramp » que les Daft avaient eux-même emprunté pour « Digital Love ». Même chanteur (Morgan Phalen), selon moi ce morceau est la suite directe de l’excellent « NEW LANDS » (de AVD). En un peu moins brutal avec un refrain créé pour passer en boucle à la radio. Un HIT assuré, on en redemande!
Mac Stanton : Voilà on entre dans la dimension pop, cette fois ci encore avec les chœurs en fond et la vocale, on se rapproche d’une suite du fameux « Dance », la bass dynamique et le piano, keys, apportent de la douceur à titre trés planant.Dans l’esprit de l’autre titre « Randy »!

ALAKAZAM !

DaftSide : Début très Disco dans les rythmiques qui rappelle forcément du « CERRONE » des années 70, bassline lourde et surpuissante qui arrive et la… STOP… on arrête tout, la bassline se sature et une mélodie de l’espace surgit d’une lumière aveuglante. Elle repart et revient de plus belle avec une dimension époustouflante rappelant leur légendaire et inégalé « Planisphère », notamment avec la gestion de certains micro-samples (à la REVOLTE). Encore une fois, on se rend compte que les Justiciers sont de très bons musiciens et mélodistes parce qu’il arrive à nous transporter loin, très loin. Première grosse claque!
Mac Stanton : Toujours dans l’esprit disco, un « Alakazam » qui de part sa ligne analogique de basse, arpegiator nous rappelle les sons de la légende « Giorgio Moroder« . Dans le même esprit du légendaire titre de Donna Summer, « I Feel Love ». On ne peut s’empêcher aussi de penser à la touche funky disco de Cerrone. Aprés plusieurs écoutes on peut aussi voir à travers les notes et la dimension funky d’un titre des Supermen Lovers, le fameux « Starlight »!
La partie planante lancée par les violons synth nous rappelle le fameux Audio Video Disco du précédent album.
Un titre bien planant et bien structuré.

FIRE

DaftSide : Suivant le même principe et la même structure que le deuxième morceau avec les synthés de « Supertramp », les batteries de « CERRONE » et les guitares de « YES » on ressent ce morceau comme un HIT radio. Plus emballé que « Pleasure » mais moins que le reste pour l’instant, toutefois après plusieurs écoutes le morceau gagne en qualité tout en distinguant certains sons ci et là. Et il faut avouer que le vocal est de qualité.
Mac Stanton : A enfin le retour du clavessin propre aux Justiciers pour un titre qui annonce le « Feu » entre l’homme et la femme!
Une vocale pop qui nous plonge dans les année 70, une touche electro apportée par la basse, les keys toujours présents qui donne une bonne dynamique funky au titre! Un valeur sûre!

STOP

DaftSide : Beats bien lourds, vocal qui débarque… et quel vocal, vocal du chanteur de ZOOT WOMAN rien que ça (ce qui ne connaissent pas écoutez d’urgence « Living in a Magazine  » géré par l’ultime Stuart Price). Refrain d’anthologie et mélodie principale ultra mémorable. Un HIT en puissance!
Mac Stanton : Gros coup de coeur! Ce titre « Stop » prend son importance dés les premières notes, le morceau est complet basse, choeur en fond, vocale entrainante, mélodie envoutante, le titre « Séduction » aurait été plus adapté que son titre original « Stop ». Un titre dont les superlatifs ne manquent pas! Must!

CHORUS

DaftSide : ATTENTION, OVNI en approche! La touche JUSTICE à son apogée avec des sons électroniques à outrance et une rythmique puissante à 145 bpm (à peu près). Les choeurs arrivent et la gratte sortie de AVD embarquent. Petit break magnifique au piano et mélodie ensorcelante tout droit sortie de film d’horreur des années 60. Un pur chef d’oeuvre, deuxième grosse claque!
Mac Stanton : Enfin on se dit les Justiciers ont laché les cheveaux! Une intro qui nous rappelle les machines analogique des Daft Punk, on pense à la TB303 et le fameux morceau « Rollin Scratchin' » du fameux Homework! Les Justiciers auraient ils voulu rendre hommage à leur amis les Daft Punk…Dans tous les cas, le titre aborde un autre théme plus electro, à la limite de la touche Techno, aprés une intro énergique, la touche propre aux Jusiticers reprend le dessus, chœurs psychédélique et synthetiseur planant rappelant l’epoque mythique de la trance! un titre fort de l’album!

RANDY

DaftSide : Toujours avec le chanteur de « NEW LANDS » et « ON N’ON », rythmique au top, mélodie au top, morceau magique et très riche. Comment réunir avec brio des sonorités Funk, Disco, Electro et Rock. D’ailleurs le refrain fait de suite penser entre un MIX entre « DVNO » de CROSS et « CIVILISATION » de AVD. Bref, troisième grosse claque!
Mac Stanton : Deuxiéme titre lancé par les Justiciers aprés Safe And Sound, gros coup de coeur! Le hit de l’album, pop et funky à la fois, une vocale entrainante, certains diront celle de Xavier, de part son timbre élevé! On frôle la perfection! Toujours délicat de porter un jugement indépendant sur un morceau que l’on a remixé! Un autre must!

HEAVY METAL

DaftSide : Titre en hommage à leurs racines de métaleux hors-paires, seul morceau de « WOMAN » contenant un sample, celui de « Andy Clarke – Element of Risk » mais attention tout remanié et rejoué avec talent (forcément). Gros beats et bass bien puissants mais à 2:50 attention, dimension artistique énorme avec une mélodie dantesque que seul X&G savent faire. Un petit retour aux sources tout à côté de « Waters of Nazareth ». Du grand art, quatrième grosse claque!
Mac Stanton : Nous voilà plongés dans la BO d’un film d’horreur, ce son trés vintage nous rappelle la bo d’un bon vieux film d’horreur des années 70/80, et on ne peut s’empêcher de penser au sample de leur précédent titre « Phantom », issu du film « Ténébre » du réalisateur italien Claudio Simonetti. Hommage au cinéma italien ou pas, ce titre collerait parfaitement dans la BO d’un film de Dario Argento.Le théme de la musique classique est aussi abordé à travers les notes des instruments. Une trés belle production qui rend hommage à la musique de film.

LOVE SOS

DaftSide : ALERTE, ALERTE, ALERTE TOUT LE MONDE DESCEND! Grosse ALARME qui surgit de nul-part faisant office de SOS de l’amour à toute WOMAN à proximité. Et une mélodie de toute beauté gérée avec les synthétiseurs du légendaire ALAN BRAXE (les Justiciers soulignent souvent qu’ils sont fans du musicien) arrive en douceur se mariant, très étrangement, à l’alarme qui reste en fond. Pour ensuite faire apparaître comme par magie la divine voix du français ROMUALD (à checker « Alan Braxe – Time Machine feat The Spimes »). Un track fantastique qui transporte à 10000 lieux de notre pauvre planète. Une véritable évasion remplie d’émotions intenses et variées (tristes ou heureuses), qui m’a même fait verser une larme! Un bel hommage à Monsieur BRAXE et son Label VULTURE, Bravo, chapeau bas, THX X&G! Claque intersidérale, pour moi LE morceau de l’album!
Mac Stanton : Point culminant de l’album, sur un rythme et une ambiance mélancolique, nous voilà plongés dans une histoire d’amour complexe, où les deux protagonistes souffrent de leur distance et s’envoie un message S.O.S pour se rapprocher dans un futur proche. Ici les Justiciers rendent un vibrant hommage à la French Touch, en utilisant tous les ingrédients qui s’y rapporte, nappe de synth Braxienne, une vocal en or, ici « Romuald » connu pour ses précédents titres avec Alan Braxe amène une touche mélancolique à l’album.Un titre surprenant qui se détache des productions anciennes des Justiciers! Pour certains le meilleurs titre de l’album, pour moi une perle musicale! Petit clin d’oeil à leur ami « Alan Braxe »!

CLOSE CALL

DaftSide : Très joli morceau tout en douceur avec un bel hommage au grand « Raymond Lefevre » dans les sons de violons et les mélodies évoquées. Un track excellent pour clôturer en beauté un album d’exception. A la fin, aller HOP, on reprend du début >>
Mac Stanton : Titre onirique qui conclue en beauté un album d’exception, on se laisse emporter par la mélodie envoutante!
La boucle est bouclée, Xavier et Gaspard partage avec nous un album personnel qui est un véritable recueil poétique qui prend toute son importance lorsqu’on est une personne sensible. Une note de 19/20 pour cet excellent opus avec félicitations du jury en mention!


justice

Le morceau « LOVE SOS » étant un morceau vraiment exceptionnel, et comme on aime faire les choses bien, voici une mini-interview de ROMUALD Lauverjon qui s’est occupé du vocal :

Interview Romuald

Daftide : Hello Romuald, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs amateurs de « French Touch »?

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Romuald : Bonjour amateurs de « french touch » ! J’ai commencé la musique fin 80, j’étais Mc dans un groupe de rap français, on s’appelait MOM. Je me suis naturellement mis à chantonner de plus en plus dans les refrains, puis j’ai essayé de faire une version française de Lewis Taylor et de D’angelo mais j’avais beaucoup moins de génie que le premier, et pas assez d’abdos pour lutter avec le second.Et puis faut pas se mentir, la soul en français c’est pas possible, le frisson de la honte quand je réécoute mes morceaux de cette époque… Néanmoins je progressais dans la production musicale et j’apprenais sur le tas à jouer de la basse, du piano, de la batterie…et à faire des arrangements vocaux ciselés. Je commence à sortir des disques début 2000, sur les labels Rythmix, Kitsuné, Vulture en ayant en parallèle une carrière de producteur (les français disent réalisateur…ils sont snobs les français;) : Je bosse avec Ophélie Winter, Disiz la Peste, Facteur X, Amel Bent… Et puis j’ai quelques instrus enregistrés avec mon crew Sureshot Brothers qui sont choisis par de gros artistes ricains qui nous trouvent une certaine modernité : 50 cent, Young Jeezy, Kelly Rowland, Keri Hilson. Je fais aussi de la musique pour la publicité, des trucs pour la télé. Enfin voilà, ça oscille toujours entre black music, hip-hop et sophistication pop, la classe ouvrière quoi.

Daftide : Xavier t’a présenté en tant que chanteur qui s’est fait connaître sur Kitsuné et qui a collaboré avec Alan Braxe. Comment et quand le contact a eu lieu avec les Justiciers ?

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Romuald : Alors c’était pas une soirée raclette… Faudrait que je vérifie si mes souvenirs sont bons mais il me semble que lorsque j’ai ouvert mon compte facebook Xavier a été un des premiers à m’envoyer un message, du coup on a échangé nos mails et puis lorsque je sortais un truc je lui envoyais. Mais on s’était jamais rencontré avant les sessions de Woman pour lesquelles ils m’ont invité début Juin 2016. Ça s’est fait « à la régulière », j ai pas de manager, pas d’éditeur, pas de label… un mail, un sms, un gigot d’agneau, et boum ! 10 jours plus tard, 2 tracks ! ahaha, c’est dingue !

Daftide : On sait que les Justice jouent souvent « The Paradise – In Love With You » (où tu chantes) à la fin de leurs Sets, penses-tu qu’il s’agisse du point de départ de votre collaboration ?

Romuald : C’est en effet un morceau pour lequel ils ont beaucoup de tendresse, Braxe est un de mes artisans français favori, Gaspard et Xavier l’adorent aussi. Mais je crois que c’est plutôt One More Chance que j’ai aussi fait avec Braxe et Madjid qui a fait le déclic. Sur Fire ils m’ont d’ailleurs demandé si je pouvais faire sonner la production vocale comme sur One more chance…

Daftide : Nous pensions que tu avais chanté uniquement sur « Love SOS » mais on t’a vu aussi dans la Choral additionnelle de « Pleasure » aux côtés d’Antoine Hilaire (Jamaica), Irfane (Breackbot) et So Me (graphiste Ed Banger) mais aussi sur « Fire » en vocal principal. 3 tracks sur 10 rien que ça! De quel manière as-tu travaillé avec tout ce beau monde ?

Romuald : Faut changer d’indics les copains ! La chorale à la « we are the world » sur Pleasure (je kiffe ce track, j’adore la voix de Morgan Phalen, et l’écriture du morceau, les arrangements; c’est de la putain de bonne pop comme je l’aime, tu sens qu’il y a de bonnes idées et du fric pour les réaliser…c’est grandiose)s’est monté en urgence pour gonfler les « male vocals » de la chorale qu’ils voulaient grossir un peu dans le mix, on enregistrait Love Sos et Gaspard m’a demandé de passer 2 heures pour faire des choeurs avec d’autres chanteurs…j’ai débarqué sans connaître personne à part So Me que j’avais croisé au cinéma une fois. C’était un concours de vannes, ça fusait dans tous les sens, Gaspard gérait la séance un peu comme un chef de colo sympa. So Me était plutôt le Bad cop… moi,élève studieux, je chauffais ma voix en déserrant ma cravatte MTV… Good vibes, des mecs cool et bien élevés qui savent chanter 😉

Daftide : Je reste littérablement amoureux de « Love SOS », une très grosse claque, LA claque de l’album même. Très grand fan d’Alan Braxe depuis plus de 15 ans, j’ai forcément pensé à lui dès les premières notes, surtout avec ta voix qui arrive faisant forcément référence à ta collaboration avec « The Spimes ». Qu’en penses-tu ?

Gaspard

Romuald : Merci… tout ça est très juste en effet. Love Sos, c’est l’enfant qui n’était par prévu et qui devient le chouchou de la fratrie: G&X m’ont initialement embauché pour rechanter Fire qui était déjà écrit et chanté par G, je trouvais l’écriture incroyablement efficace et les arrangement vocaux aussi bons que si ça avait été moi qui les avait fait (hahaha); et vraiment je ne comprenais pas pourquoi ils voulaient que je le rechante, Gaspard a un très joli timbre feutré, à la Colin Blunstone, et la façon dont ils avaient édité le tout avait un charme fou… Mais j’allais pas me tirer une balle dans le pied, alors j’ai dit ok 😉 Pourtant, une fois chez moi, derrière le mic, je commençais à galérer: je ne suis pas interprète en fait, je chante à l’instinct, sur le moment, et là il fallait « coller au brief », refaire à l’identique, à l’harmonie près…avec mon son; un vrai challenge pour moi. Du coup, j’ai décidé pour apprivoiser le track de faire un truc complètement différent avec un autre texte et une autre mélodie. Et puis c’est devenu le vocal de Love Sos qu’ils m’ont proposé de boucler avec eux … 4 jours avant leur deadline de mastering … cette harmonie poignante et cette sirène stressante; contraste qui donne au morceau le double sens d’une ballade d’une grande tendresse alliée à la colère d’un engagement politique.

Daftide : On m’a dit que tu devais sortir un EP, peux-tu nous donner plus de détails ?

Romuald : Ah ben ils sont pas si mauvais que ça vos indics en fait 😉 Je n’ai pas encore de label prêt à me suivre pour le moment mais c’est quasiment fini en effet. Il y aura 5 ou 6 titres dans des styles très différents et ma voix comme fil d’Arianne: On va passer d’une valse japonaise piano/harpe, à une ballade hommage à MJ avec solo de sax et déluge de choeurs, puis on aura aussi du très typé 90″s west coast où je chante mon amour du hip-hop … Je suis bien entouré, j’ai invité pas mal de potes: le groupe Wes+ern, mon chouchou Bastian Belde omniprésent , Laure Brisa, Ingo Fischman du groupe Fatch et probablement Gracy Hopkins.

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WOMAN en écoute SPOTIFY

Un GRAND merci à Romuald Lauverjon pour ses réponses claires et captivantes.