On ne va pas se mentir, depuis la B.O. de Virgin Suicides le groupe Air n’avait pas réussi à nous surprendre, recyclant une électro-pop clichée qui laissait penser que les Versaillais se reposaient sur un genre branché, facile à composer et ne mettant pas en valeur leurs talents passés. L’année dernière, pour la restauration du chef d’œuvre de George Méliès Le Voyage Dans La Lune, on avait confié à Air la composition de la bande originale.

Dans le court-métrage, Air se laissait aller à des envolées lyriques, psychédéliques et même expérimentales sur quinze minutes, durée du film. Un véritable travail d’orfèvre qui a tenu ses promesses en habillant allègrement les images du cinéaste. Alors que le groupe était en pleine composition d’un nouvel album, ce travail les a profondément inspiré. D’après eux, Méliès les a « nourris », a « sauvé leurs vies ». Au départ un exercice de style qui a finalement débouché sur un album résolument pop. Et quel album ! Des sonorités nous ramenant aux meilleurs de Air (les albums Premiers Symptômes, Moon Safari (déjà un voyage lunaire) ou 10000Hz Legend) avec des mélodies simples, rétros et efficaces. Le premier single Seven Stars, avec ce roulement de batterie quasi apocalyptique, s’impose comme le compte à rebours vers ce trip surréaliste de trente minutes rythmé par la mélancolie (Moon Fever), l’étrange (Who Am I Now ?), l’expérimental (Cosmic Trip) et le grandiloquent (Décollage). Le point final de l’album donné par le diptyque Homme Lune/Lava (correspondant dans le film à l’arrivée des hommes sur la Lune) met un terme à cette escapade tranquillisante avec tendresse et finesse.

Aérien, profondément moderne sans pour autant trahir le film de Méliès, la relecture du Voyage Dans La Lune par Air c’est onze titres indissociables, touchants, formant ainsi l’un des meilleurs albums du groupe. Une fusée qui décolle pour une musique qui en fait tout autant !

9/10

Source: Les chroniques c’est chic & † Mister Nazbrock †